Activités et projets en classe

Une tapisserie inuite : L'art de la botte

Recommandé par Service des programmes d'études Canada

NIVEAU : 9e année, cultures autochtones/arts visuels

PRÉPARATION : Imprimer les images, si nécessaire. Imprimer les Travaux de groupes 1-8 – L’art de la botte, si utilisés

DURÉE : 150 minutes (45 min. de plus avec l’activité supplémentaire = 195 min.)

MATÉRIEL : papier, tissu, colle et autres fournitures pour la tapisserie, au choix

OBJECTIF :
  • comprendre que les formes d’art autochtone constituent des moyens de préserver les valeurs et les traditions de communautés spécifiques
  • comprendre les rapports existant entre les Inuits, leur milieu et leur art
  • réaliser une composition artistique répondant à des objectifs contextuels, ainsi qu’à des critères artistiques spécifiques

DESCRIPTION: Pour commencer :
Sur la base des leçons précédentes de ce module, présenter l’idée que les formes d’art autochtone constituent des moyens de préserver les valeurs et les traditions de communautés inuites.

Imprimer ou montrer au projecteur la Tapisserie de Mina Napartuk. (Elle figure également sur la Page d’accueil de l’exposition virtuelle L’art de la botte : Une expression de la femme inuite.) Mina Napartuk naquit dans le village de Kuujjuarapik, en 1913. Éduquée selon le mode de vie traditionnel, elle excellait dans la fabrication des vêtements en peau et en fourrure. À l’âge de soixante et un an, elle se mit à créer des tentures murales faites d’appliques de peau de phoque sur tissu. Ses tapisseries sont constituées de vignettes illustrant le mode de vie traditionnel des Inuits dans leur milieu.

Cette tapisserie a été réalisée sur commande pour le Musée Bata de la chaussure, en 1979. Elle illustre les différentes étapes du processus de fabrication de bottes chaudes et étanches adaptées au climat rigoureux de l’Arctique, de la chasse au phoque à la couture et la finition des kamiks. Expliquer que cette tapisserie représente un événement important dans la vie d’une famille inuite. Raconter l’histoire à l’aide de la ressource intitulée À l’ordre du jour. Se reporter à la Feuille d’activité 1 – À l’ordre du jour – Réponses pour la succession des étapes sur la tapisserie.

Aussi, montrer au projecteur et lire avec l’ensemble de la classe les sections Le territoire, Les vêtements en peau et Les chaussures en peau de l’exposition afin de renseigner les élèves sur le climat de l’Arctique et les vêtements traditionnels des Inuits.

Pour apprendre : Parler de la tapisserie en tant qu’œuvre d’art :
  • La tenture murale est unidimensionnelle, sans relief et pourtant, si l’on observe attentivement les personnages, on peut déceler l’ingéniosité avec laquelle l’artiste a mis à profit les tons dégradés de la peau de phoque afin de conférer une rondeur et un aspect tridimensionnel aux personnages.
  • Le récit est présenté de façon plutôt linéaire, mais la succession des événements ne l’est pas (p. ex. : la tapisserie ne se déchiffre pas comme une page écrite, du coin supérieur gauche au coin inférieur droit). À cet égard, la perspective autochtone diffère de la nôtre.
  • De plus, les vignettes ne sont pas « compartimentées » (comme c’est parfois le cas dans les bandes dessinées, qui comportent un cadre isolant chaque scène).
  • La perspective spatiale est absente, dans le paysage (noter l’absence d’horizon), comme dans la représentation (noter le rapprochement des personnages qui figurent de front, comme la mère grattant une peau, dans la partie médiane supérieure, ou le père attrapant un phoque barbu, sur le bord gauche).
  • Il n’existe aucun système de proportions selon la hiérarchie humaine. Les personnages et les objets les plus importants sont généralement les plus grands, quelle que soit leur taille relative dans la réalité. Ainsi, les bottes fabriquées par la mère, le produit fini qui motiva la confection de la tapisserie, sont très grandes. Il est clair que la plupart des bottes et des vêtements sont de taille supérieure.

Imprimer ou montrer au projecteur l’image d’une autre œuvre de Mina Napartuk, Par-dessus et par-dessous la glace – Un seul univers. Cette œuvre est constituée d’appliques de peau de phoque et de chamois et comporte des légendes en écriture syllabique sur un tissu de feutre noir. Les inscriptions en inuktitut disent : « Ours polaire à la recherche du trou d’aération d’un phoque », « Cette femme est avec son chien sur les traces d’un phoque (nourriture) », « L’attente auprès d’un trou d’aération ».

Remarquer que dans les deux œuvres, les animaux évoluant sous la glace sont aussi représentés. Parler du titre de cette œuvre dans le contexte des deux tapisseries.