Bata Shoe Museum
Femme portant des juttis.
Femme portant des juttis.

Diversité et continuité

étude sur le terrain : fabrication de juttis à Jodhpur

Au printemps de 1999, une équipe de chercheurs du Bata Shoe Museum, dirigée par Arun Dutta, s'est rendue à Jodhpur au Rajisthan. Plusieurs villes de cet État, dont Jaipur, Udaipur, Jaisalmer et Jodhpur abritent les palais de quelques-uns des plus célèbres maharajas de l'Inde. Deuxième ville en importance du Rajasthan, Jodhpur a été fondée au XVe siècle par Rao Jodha, chef d'un clan rajput appelé les Rathores. L'équipe du musée a visité une petite fabrique familiale installée dans cette ville célèbre, et s'est documentée sur les méthodes de travail des artisans, tout en enregistrant leur description des nombreuses étapes de fabrication des juttis.

Méthode de fabrication

  1. On dessine le patron de la tige - et, bien souvent aussi, de la doublure - sur une peau de chameau séchée, puis on découpe la peau à l'aide d'un grand couteau arrondi appelé rapi.
  2. Pour réaliser la broderie, on perce la tige à l'aide d'un crochet pointu appelé aari, puis on passe le fil à l'aide d'une aiguille émoussée.
  3. S'il y a lieu, on coud à la machine la tige et la bordure supérieure, les deux endroits ensemble. On rogne la ressource de couture et on la retourne vers l'intérieur. On peut aussi coudre un étroit bordage de cuir sur la bordure supérieure.
  4. La semelle est découpée dans une peau de buffle à l'aide d'un patron. Le cuir a entre 1,8 et 2 millimètres d'épaisseur. On colle ensemble deux ou trois épaisseurs de cuir, qu'on ramollit à l'aide d'un maillet.
  5. Le talon, formé d'une ou deux épaisseurs de cuir de buffle, est découpé et collé à la semelle.
  6. On dessine la semelle intérieure à l'aide d'un patron, puis on la découpe dans un cuir épais à l'aide d'un couteau. On la colle à la semelle et on la peint en rouge. On cloue ensuite la semelle, le talon et la semelle intérieure.
  7. À l'aide d'un gros fil de coton retors de couleur blanche, qui crée un motif caractéristique, on coud les bords de la semelle.
  8. On retourne la tige déjà préparée et on la coud à la semelle en utilisant le même fil de coton.
  9. On coud l'arrière de la tige et on le renforce à l'intérieur à l'aide d'une bande de cuir.
  10. On met la chaussure sur une forme pendant quelques jours jusqu'à ce que l'empeigne ait la forme souhaitée.
  11. On rogne le cuir excédentaire et on aplatit à l'aide d'un marteau les fils de coton qui dépassent. La finition est effectuée à la main.
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