Ressources Didactiques

Projets et activités en salle de classe

Activité 4 Une histoire

Si habile à l'ouvrage :
L'histoire de Klin-ni-go-ne-dja-e

Klin-ni-go-ne-dja-e était une jeune fille qui venait de se marier. Un jour, alors qu'elle cousait, elle déclara : « Je n'ai plus envie de coudre des mocassins. » Elle avait dit cela en plaisantant, car elle avait toujours du coeur à l'ouvrage et savait tout faire. Mais les gens du campement, qui l'entendirent, jugèrent que c'était mal pour une jeune fille qui venait juste de se marier de dire une telle chose. C'est alors qu'ils décidèrent de lui prendre tous ses vêtements et de la laisser geler, à la merci du froid. Tous s'étaient mis d'accord pour lui prendre ses vêtements et tout ce qu'elle possédait d'autre. Lorsque les gens du campement partirent, ils recouvrirent les feux de neige pour qu'elle ne puisse pas se réchauffer. La partenaire de Klin-ni-go-ne-dja-e, une autre jeune fille, fut la dernière à partir. Elle dit à Klin-ni-go-ne-dja-e, « Avant de quitter mon campement, je t'ai laissé un petit morceau de tendon et un petit feu brlant sous la neige. »

Klin-ni-go-ne-dja-e s'en partit à la recherche du tendon et du feu et les trouva. Elle fit un grand feu pour se réchauffer et, à l'aide du tendon, fabriqua un collet pour attraper les corbeaux. Elle attrapa un corbeau et le dépea. Elle se préleva le tendon des pattes du corbeau. Elle attrapa encore plus de corbeaux et se fabriqua des vêtements avec leurs peaux. Avec le tendon des corbeaux, elle fabriqua des collets pour capturer des lapins. Elle en attrapa beaucoup et se servit de leur fourrure pour se confectionner des vêtements. Elle avait maintenant de quoi se nourrir et se vêtir. Parfois, elle capturait des porcs-épics. Avec le tendon des pattes de lapin et les piquants de porc-épic, elle fabriqua encore plus de belles choses. Elle décida alors de partir s'installer ailleurs, en bordure d'une rivière. Un beau jour, deux jeunes hommes descendirent la rivière en canot et la trouvèrent. Mais la jeune fille s'enfuit. Les deux garons lui crièrent de revenir, ce qu'elle fit. Quand les deux jeunes hommes virent toutes les belles choses qu'elle avait fabriquées et entreposées dans des sacs, ils décidèrent de l'épouser, mais elle essaya de les décourager en disant : « J'ai été mariée une fois déjà, et je n'ai aucun désir de l'être à nouveau. » C'est alors que les jeunes hommes, qui étaient partenaires, lui dirent : « Nous t'épouserons tous les deux ». Klin-ni-go-ne-dja-e accepta.

Klin-ni-go-ne-dja-e et ses deux époux s'en allèrent dans la montagne. Les deux jeunes hommes chassèrent ensemble et tuèrent des caribous. Klin-ni-go-ne-dja-e empaqueta le gibier et prépara les peaux pour construire une maison. Elle sécha la viande et, quand le mois d'aot fut venu, et que la fourrure de caribou fut prête, elle tanna les peaux pour en faire des vêtements. à l'automne, Klin-ni-go-ne-dja-e et ses deux maris repartirent en direction de la rivière pour s'y établir. Ils disposaient alors d'une abondance de vêtements et de nourriture, car Klin-ni-go-ne-dja-e était si habile à l'ouvrage.

Tel que raconté par Richard Marten, gwich'in de la région de la rivière Peel, à l'anthropologue Cornelius Osgood.

Source:Thompson, Judy. From the Land: Two Hundred Years of Dene Clothing. Hull, Québec : Musée canadien des civilisations, 1994