Activités et projets en classe

La décoration des mocassins durant la traite des fourrures

Recommandé par Service des programmes d'études Canada

Niveau : 6e année

Préparation : Recréer un poste de traite; Imprimer La liste de marchandises de traite de la Compagnie de la baie d’Hudson (en anglais).

Durée : : 90 min.

Matériel : Marchandises de traite, étiquetées, et des « peaux de castor », le cas échéant; éléments de costume, si désiré

Objectif :
  • analyser l’impact des échanges entre les peuples des Premières nations et les Européens sur le vêtement, en particulier la chaussure
  • expliquer comment la traite des fourrures a rendu service à la fois aux Européens et aux Athapascans
  • utiliser une variété de ressources et d’outils pour étudier différentes perspectives historiques sur l’impact du premier contact entre les Athapascans du Nord et les explorateurs européens

Description :
Pour commencer : Demander aux élèves de choisir un article dans leur sac à dos, leur boîte à déjeuner ou leur pupitre, et de le dessiner rapidement sur une feuille de papier. Leur demander de se promener dans la classe afin de trouver un autre article (sauf de l’argent) qu’ils aimeraient échanger contre le leur. Sont-ils capables de négocier un échange équitable avec leurs camarades? Au bout de 5 – 10 minutes, faire cesser la « traite», pour parler de certains des échanges qui ont été effectués. Ont-ils été équitables ou pas? Pourquoi?

Entamer avec les élèves une discussion portant sur la vie des Athapascans du Nord avant l’arrivée des Européens. Expliquer que les marchands européens en Amérique du Nord étaient en quête de fourrures destinées à la confection de vêtements à la mode en Europe. Pour leur part, les Athapascans du Nord, dont les échanges étaient jusqu’alors effectués entre leurs tribus et avec d’autres communautés autochtones, étaient avides de marchandises importées d’Europe.

Montrer au projecteur la section La traite des fourrures pénètre le Nord- La fourrure en guise de monnaie, dans l’exposition Traditions et innovations : Les chaussures des Athapascans du Nord. Lire la citation.

Lire le texte qui suit la citation, ainsi que la section sur l’arrivée des Métis, L’influence des Métis.

Lire à la classe cette citation illustrant la perspective d’un marchand :

« Nous sommes français et nous sommes des gens biens... nous voulons échanger de la viande et des fourrures contre des vêtements et d’autres articles que nous vous donnerons, dit Peter Pond… Il donna alors au fils du Chien de nombreux articles de qualité – un habit rouge, un haut chapeau orné de plumes, un gros chaudron, un mouchoir de tête, une grande tasse, une hache, un couteau, quelques aiguilles, du fil et du tabac. François Beaulieu (décrivant l’arrivée au Grand lac des Esclaves, en 1780, du marchand de fourrure Peter Pond,)

extrait de : The Book of Dene, gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, Service de développement des programmes, département de l’éducation, citation tirée du livre de Thompson, Judy. From the Land: Two Hundred Years of Dene Clothing. Hull, Québec : Musée canadien des civilisations, 1994, p. 43

Pourquoi les Athapascans du Nord étaient-ils habitués à la traite avant même l’arrivée des Européens? (En raison des routes de traite autochtones qui existaient déjà)

S’assurer de bien observer les objets de cette section, ainsi que ceux de celle intitulée Les premiers pas de jeune femme : La broderie, et Le perlage, afin de voir comment les femmes athapascanes du Nord inventèrent de nouveaux décors de mocassins, à l’aide de techniques et de matériaux nouveaux. Avec l’arrivée des Européens et l’établissement de la traite des fourrures dans le Nord, la plupart des vêtements athapascans du Nord furent progressivement remplacés par des tenues d’origine euro-canadienne. Toutefois, les chaussures importées d’Europe étant mal adaptées aux rigueurs du climat, les Athapascans du Nord continuèrent à porter les mocassins traditionnels.

Pour apprendre : Distribuer la Liste de marchandises de traite. Identifier les marchandises qui auraient pu être utilisées dans la fabrication de mocassins (perles, fil, lainage feutré (de Duffel), dentelle, aiguilles, pointes d’alêne, dés à coudre). D’après les deux premières colonnes (AR), déterminer combien de ces articles pouvaient être échangés contre une peau de castor. Remarquer que le système est basé sur les peaux de castor, car la valeur des autres peaux est calculée par rapport à celle des peaux de castor.

Établir un poste de traite dans la salle de classe. À l’aide de la Liste de marchandises de traite, choisir un certain nombre d’articles, puis les étiqueter en fonction du nombre de peaux qu’il faut pour les acheter. Créer de répliques de peaux de castor (morceaux de fausse fourrure, ou de papier -- faute d’autre chose). (Demander aux élèves de dessiner les articles qu’ils devront échanger.)

Pour mettre en pratique : Mettre les élèves deux par deux – un voyageur et un Athapascan du Nord. Leur donner suffisamment de temps pour préparer un jeu de rôles simulant un échange au poste de traite – voir l’exemple ci-dessous.

Mettre l’accent sur le fait que les deux parties doivent faire en sorte de respecter leurs connaissances respectives, et les articles à échanger. Le respect est très important au sein des cultures autochtones. Il est essentiel que les gens, les animaux et la terre soient traités avec le plus grand respect.

Exemple de jeu de rôles au poste de traite :

L’Athapascan du Nord interroge le voyageur au sujet des marchandises qu’il propose, p. ex. des perles. « Je n’ai jamais vu de perles comme celles-ci. À quoi servent-elles? Comment pourrais-je les utiliser? »

Le voyageur répond, en expliquant comment les utiliser. « Ce sont des perles. On peut les coudre sur n’importe quoi pour faire de beaux motifs de couleurs. On peut aussi les coudre assez rapidement. »

L’Athapascan choisit alors les articles qu’il ou elle désire, en énonçant clairement les raisons de son choix : « Je voudrais trois paquets de perles, un quart de livre chacun, en bleu, blanc et vert. Elles me serviront à orner mes meilleurs mocassins de beaux motifs de couleurs. »

Le voyageur pourrait demander : « Par curiosité, comment décorerais-tu tes mocassins autrement qu’avec ces perles? »

L’Athapascan pourrait rétorquer « Nous avons jusqu’ici toujours décoré nos vêtements et nos mocassins à l’aide de piquants de porc-épic. Nous utilisons les matériaux issus de la terre. »

Le voyageur doit alors demander le nombre exact de peaux nécessaires à l’acquisition des articles. « Pour trois paquets de perles, un quart de livre chacun, tu dois me donner trois peaux de castor. »

La transaction se passe en toute cordialité, et c’est alors au tour de deux autres élèves de commencer leur traite.

Projet d’étude : Demander aux élèves de présenter les résultats de leur recherche sur Internet concernant un poste de traite spécifique de la Compagnie de la baie d’Hudson ou de la Compagnie du Nord-Ouest.